Archive for October, 2005
les petits gestes …
Refaisant le monde sur irc avec bruno, nous nous étonnions d’une petite chose pourtant devenue si “normale” pour l’utilisateur lamba : 1mo/s sur un banal transfert de fichier. Le temps de nos élucubrations le sieur bruno avait téléchargé l’équivalent d’un cd-rom (ou cd-rhum selon l’heure).
Nous repensions en bons latins que nous sommes, à “avant”. L’époque où nous nous faisions plumer la larme à l’oeil et les doigts dans les bits par nos chers opérateurs téléphoniques. Non seulement il s’agissait de connexions de roumains, mais en plus en nous étions fiers ! Aujourd’hui, bruno et moi nous nous émerveillions des méchanismes mis à contribution pour arriver à de telles prouesses… Et dire que les jeunes générations ne connaitront pas ces joies d’attendre une misérable disquette venue des états-unis pendant une après-midi complète pour se faire couper le téléchargement par un coup de fil de la grand-mère. Il est tard, aussi je ferai grâce au lecteur (oui toi là ) des détails techniques. Par contre je glisserai une simple comparaison : une connexion en 1994 (mes débuts online) était entre 1000 et 2000 fois plus lente que nos connexions actuelles, et coutait environ… non ne plus y penser… calme. (#@!_@).
Tout ça pour dire que c’est bien mieux maintenant ? Que néni.
En fait de cela pour nous donner des airs de piliers de comptoirs, nous nous balançons de grandes vérités philosophiques relevant plus du truisme que de la révolution intellectuelle. Ce cher bruno me fit remarquer qu’il pourrait contempler sa main des heures durant sans se lasser de la beauté de la chose. Un gratouilli du cuir chevelu sur un lit de silence plus tard, me voici posé sur mon canapé, la tête dans ma (si chouette) journée. Je me suis même fait la réflexion que si j’avais eu une cigarette et que j’avais été fumeur, j’aurais dû tourner une scène dans “cofee and cigarette”. C’est fou, tous ces petits gestes auxquels on ne prête plus aucune attention, toutes ces beautés de la vie que l’on passe à trépas à force de les ignorer… fous que nous sommes.
zzzzzzZzzzzzzzzzzZZZZZzzzzzzzz
Oups ce n’était qu’un rêve ! Plus sérieusement, retour à un rythme de post normal sous peu …
grandir … ?
L’autre jour je discutais avec un ami de tout, de rien, bref de nos vies quand une interrogation montra le bout du nez. Qu’est-ce qui fait le plus mal la déception en elle-même ou la perte d’innocence qu’elle provoque ? N’attendez pas le petit bouquin jaune et noir “les réponses aux questions à la con du beorn des bois pour les nuls”, ils ne sortira sans doute jamais. Pourquoi parler de ce sujet ô combien léger, gai, et convivial ?
Ce soir attiré par l’alléchante distribution du film “les âmes grises”, je m’assieds en charmante compagnie dans une de ces salles noires que j’affectionne tant. Le film est pour une fois à l’image de son titre : sombre et profond. (combien de fois ai-je passé de longs moments à me torturer pour comprendre comment un esprit saint pouvait avoir fait le lien avec le titre ? … trop). Et le rapport avec la choucroute ? Le thème principal du long métrage n’est autre que l’inéluctable perte d’innocence tout au long de nos existences, en clair le sens de la vie dans un monde crasse et déviant. Pas franchement réjouissant me direz-vous. Alors pour rattraper les fuyards, le jeu d’acteur y est tout simplement excellent, et la voix de Marielle perforante. Je citerai une phrase qui marque parmis tant d’autres : “si l’enfer existe, il faut bien qu’il serve”. Autre petite drôlerie, un pote joue le rôle d’un soldat lourd complètement déconnecté (celui qui fait un truc avec un couteau). Je savais qu’il faisait du théâtre pour l’avoir vu jouer il y a quelques mois, mais là , il tient un rôle d’une dizaine de minutes dans un bon film. Etrange sensation que celle de voir queqlu’un que l’on connait dans la vie de tous les jours projeté sur un écran. Très étrange même ! Au final … on ne rit pas à gorge déployée, on esquisse tout au plus un petit sourire pour se dire que ce n’est pas si grave d’être en vie. Ma conclusion est la suivante, je le reverrai pour succomber aux répliques de monsieur Marielle, ainsi que continuer à me poser la question pourquoi grandir ?
Les plus observateurs auront sans doute pas manqué de noter qu’il s’agissait de mon centième post. Je me faisais la réflexion encore très récemment qu’il y a encore deux ans je ne pensais pas une seule seconde tomber dans les blogueries diverses et variées. Aujourd’hui je souris de ma bêtise, un blog c’est avant tout des gens, des rencontres. Bien que fermement résolu à éviter un déballage public des vicissitudes de ma petite vie, je ne compte pas le nombre de posts que j’ai écrit pour mieux les effacer. Je ne sais trop combien de temps cet échapatoire va subsister, mais je crois bien que c’est une des nombreuses bulle d’air qui me maintient dans un certain bien-être, voire un bien-être certain. Je profite donc de ces quelques lignes de trop pour glisser un bisou général.
définitivement gaulois.
Un matin de plus passé hors de mon lit, je regarde ce bout de plafond que je ne connais pas encore par coeur. Baignant dans un cocktail d’émotions fortes, de fatigue et de ces petits cycles carbonnés pourvus de fonctions alcool, mon esprit me mena … ailleurs. Amusé, désespéré, halluciné, blessé, aimé, laissé … la liste des états est sans fin et pourtant ils n’ont aucun secrets pour nos plafonds. Ces quelques mètres carrés savent tout, et ne disent rien, à personne, jamais. Je conclue donc logiquement que je peux me confier sans crainte. Après quelques années d’une vie en apnée pincée par trop de principes, me voilà le regard perdu dans ce grand blanc qui change souvent ces temps-ci. Certaines pensées s’y noient, d’autres surnagent. Le temps passe délicieusement et la réalité se réinstalle douceureusement. Me levant droit comme un C. (regardez bien c’est un i qui a mal tourné), je croise du regard le paquet de clopes à casque portant fièrement la marque gauloise. Une association d’idée fulgurante plus tard, soit une belle demie-heure après avoir claqué la porte, je me dis : “putain c’est quand même dommage je me sens définitivement gaulois “. Peur. J’ai peur que le ciel où j’ai accroché mes étoiles ne me tombe sur la tête.
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