Archive for December, 2006
Paris by night, scary delight.
Au détour d'un carrefour se cache cette sordide petite rue. De pavé en pavé je me faufile vers la lumière. Tombé sur les épaules mon casque susurre, même mes vans -qui d'habitude couinent à en faire rougir un sans gêne- n'osent piper mot. Un Fiat lux me traverse l'esprit… manifestement je ne suis toujours pas magicien. Pire encore la dernière usine à photons du coupe-gorge finit par expirer dans un ultime grésillement. Je me dis que pour une fois la pollution lumineuse est utile. Tard, Il est très tard. En tout cas bien assez pour que je n'aie plus envie d'endurer une toquante.

Après quelques longues minutes je quitte l'ombre pour entrer dans le monde des ombres. Cette petite rue n'est guère plus large mais elle a le bon goût d'être éclairée. Le gens qui y traine est terriblement étrange. De la junky aux yeux injectés de sang, à la petite frappe se donnant des airs, sans oublier le pervers découvert … tous les stéréotypes se croisent dans une indifférence parfaitement feinte. Les travailleuses, elles, tentent de rabattre le seul gibier valable. Pour me rassurer je souris nerveusement à ce mauvais film sans paroles. Ironie du sort mes sonars à emmerdes, nommés oreilles par le corps médical, découvrent underground in america.
Du haut de mon mètre quatre-vingt sept je ne faisais pas le fier. Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris de trainer dans ce quartier. Ah si je voulais aller photographier je ne sais plus quelle chimère qui bien entendu n'avait pas attendu mon retour. J'entends ce bruit sourd, je sursaute tout en libérant mes esgourdes. Un éclair me parcourt alors la colonne, et ce sans raison puisque rien ni personne ne semble être responsable. Je remarche lentement après avoir plongé dans un mutisme rigoureux toutes mes possessions.
Plus tard revenu dans des quartiers plus vivants à quelques centaines de mètres de là, j'entendis un cri strident. Je n'avais donc pas rêvé, ma bonne étoile veillait sûrement.
Bis ! Bravo !
Ce soir j'étais sensé aller diner chez une amie, or au dernier moment ma meilleure amie A. me propose une place pour un ballet à Bastille. Fort heureusement tout se goupille bien, le diner est déplacé sans trop bousculer le destin. Bref je suis donc devant l'opéra un poil en avance la place à la main.
J'avoue ne pas avoir été fan de ballet et plus généralement de danse pendant de longues années. Mais coup sur coup quand A. dit "ça ça déchire", bibi il se tait, il bouge son petit cul docilement et il se régale. C'est en bon ignare que je me suis présenté à la représentation de coppélia. L'histoire m'a transporté et fait voyager dans le temps. J'avoue m'être vu haut comme six pommes en train de boire les bouts d'histoire que ma mère me contait avant de faire semblant de dormir.
Encore une fois A. a le chic, la mise en scène fût tout simplement époustouflante : de jeux d'ombres en voilages pour finir par des enchainements de décors sans tomber de rideau… tout était merveilleux. Oui merveilleux rien que cela. Si vous cherchez à vous réconcilier avec la danse… une posologie simple : Coppélia à bastille en ce moment.
oh happy day !
Le casque en guise de cache oreille je maudis cette stupide batterie d'ipod qui, je l'entends, se gausse de mon étourderie. Je me fonds dans une sélection affinnée d'années en années des chansons les plus déprimantes de radiohead, et sans trop savoir pourquoi, je rayonne. Ma voix descendue d'une octave par les trop courtes nuits résonne et s'enhardit de plus en plus pour finir au fond de mon ventre. Karma police finit en une version jazzy rigolotte, et le froid n'est rapidement plus qu'un mauvais souvenir.
Je chante désormais carrément, et il va sans dire que j'inflige un calvaire aux murs de cette rue déserte. Comme pour me le faire payer, mes affres rebondissent de proche en proche pour revenir me rappeler à l'ordre. Je ris intérieurement en me disant que je passerais pour fou face à n'importe quel evadé de saint-anne. Et après ? A cet instant j'étais heureux … simplement heureux.
Pourquoi toujours penser au qu'en dira-t-on ? Pourquoi se moquer ? Quel petit con je fais parfois. Vivre et laisser vivre est un de ces lieux communs que de mauvaise foi tout le monde s'accorde à défendreier fièrement. Dans un dernier râle je pousse la porte de chez moi, la banane collée à la glue sur ma bouille, je jette mes fringues dans un désordre dont seul mon entropie shanonnienne a le secret, tente de coder un peu pour finalement glisser subrepticement dans un rêve tout à fait honteux.
bilan
L'année va se finir, une de plus me dis-je simplement. Mais avec un poil de recul cette belle année me donna beaucoup de temps forts pour mes petits faibles. Elle me glissa délicatement bon nombre de portes dans la gueule, mais avec amour et philosphie. Gageons que la suivante saura faire mieux, et combler les vides qui restent…
Work work.
Je n'en parle jamais ici, mais voici une ptite video sympa d'un des gros morceaux de ma vie profesionnelle. Bref voila la page c'est par ici.
PS: je faisais 11kg de plus que maintenant sur la video (10 de gras, et 1 de cheveux)
Drôle
15:31:28 <@beorn> 2001 : 53 photos
15:31:33 <@beorn> 2002 : 144 photos
15:31:38 <@beorn> 2003 : 163 photos
15:31:43 <@beorn> 2004 : 363 photos
15:31:48 <@beorn> 2005 : 818 photos
15:31:58 <@beorn> 2006 : 5968 photos
Soit un total de 7509 photos ou encore 42Go. Je vous laisse deviner depuis quand je m'intéresse à la photo.




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