Archive for December, 2006

A vos ordres mon général

Jeudi soir, je pars tôt du boulot pour m'enfuir à toute vitesse chez moi récupérer une CB, plus connue sous le nom de carte à bêtises. Une fois chose faite, je rebondis jusqu'à la cité de la musique. Pourtant arrivé près de deux heures et demies en avance sur les conseils avisés de la très sympathique marie, je me retronicuve dans la queue. Même le numéro quinze pour être exact. Ma caboche tourne et retourne pour s'embourber dans cette inébranlable conclusion qu'à part attendre il ne servait à rien de … Mais si bordel il c'était Patton et ses apôtres que j'allais voir pas la disney parade ! Je rage, je gnm, je gni, je … je. Je me décide finalement à discuter avec mes voisins histoire de détendre l'ambiance.

Au fil des phrases la queue ressemble de plus en plus à un gigantesque dragon de carnaval chinois. Chose prévisible, mais terriblement agréable lors de ce moment de détresse intense, mes camarades de galère sont eux aussi fondus de musique alternative -doux euphémisme pour se garder de dire barrée-. Après presque une heure et demie, la file des "cartes jeunes boum boum bidule blah" s'évapore enfin. Petits cons. C'est alors que mon petit coeur bat la chamade, toujours selon dires de la charmante voix des réservations, il reste généralement une petite dizaine de places. De bruits intérieurs stygmates d'une impatience crasse en changements de postures j'arrive à la caisse. D'un calme olympien je glisse un presque timide :

- UNE PLACE ! S'IL VOUS PLait …. enfin s'il en reste quoi.
- Vous savez vous n'aurez pas de place assise. Je continue ?
- Même sur la tête je rentrerais voir ce concert. 
- A ce point ?!
- Oui.

N'ayant pas hypothéqué ma soirée pour rien, je danse une brève gigue devant la porte d'entrée. Nous entrons sans cérémonie, et ô joie : sans fouille. J'ai donc pu prendre quelques discrètes photos avec mon pti chéri d'appareil photo. Bref je m'installe sur un banc à côté d'une demoiselle des lieux, je me dis qu'elle a une tête à venir souvent alors je lui pose la question pour les photos, elle me dit "vous savez ça dépend des artistes, je ne sais pas je ne leur ai pas demandé pour ce soir". Je comprends que j'ai demandé à une organisatrice. Les fourbes ils sont même en civil maintenant me dis-je.

Nous sommes interrompus par l'entrée des inséparables de Patton. Trevor Dunn pour commencer, puis Joey Baron, et enfin Patton. Je suis ces zigotos depuis Faith no more, puis beaucoup plus tard un ami du conservatoire me fait découvrir Mr Bungle. Logiquement je découvre fantomas et autres projets extrêmements barrés du trio and friends selon les cas.

 

 

Le premier morceau fût d'une incroyable violence : je ne comprends rien. Et quand je dis rien, c'est rien. Tout va trop vite, trop d'idées dans une même phrase musicale, Patton est de suite à fond. Cet incroyable bordel percute mes tympans sans faire frémir la bonne région du cerveau. Angoisse intense, je ne vais pas passer à côté de ce concert, ce n'est pas possible pas ce soir. Là une phrase de mon yoda musical me revient en flash "quand tu sens que tu passes à côté d'une musique, ferme les yeux et projete des images". Je m'exécute en désespoir de cause. Furtivement j'aperçois une image, puis une autre, pour finalement me passer l'intégrale du cinéma en accéléré. Le mot que je cherchais hier soir en sortant est : vertigineux. Il faut autoriser l'invasion des sens que requiert le projet Zorn et de ses Patonniens. Le voyage qui s'en suit est fulgurant.

 

En procédant à une fouille plus unitaire de ce qui se passe sur scène, chacun sublime son instrument de manière complètement hors cadre, et pourtant une fois entré dans l'univers le tout est cohérent. Dommage pour beaucoup, ce genre de concert ça passe ou ça casse. Quoi qu'il en soit quand ça passe ça casse tout.

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